Revue algérienne de Prospective et d’Etudes stratégiques Vol.2 - N°2 Avril - Juin (2016)

LES EMPIRES EN TERRITOIRES ET RESEAUX

Dr. Gabriel GALICE

Les notions communes (identité, mondialisation, gouvernance…) qui décrivent le malordre du monde sont adéquates à son état de guerre. Le texte propose une autre terminologie pour un cheminement vers la paix. Il part du processus par lequel les humains et les sociétés qu’ils constituent s’approprient leur milieu. La propriété est à la fois le caractère de la personne et le bien qu’elle s’approprie par la préhension matérielle et la compréhension immatérielle. Les groupes sociaux, les Etats, procèdent semblablement, constituant des hiérarchies, des dominations. Ces processus sont violents, en actes ou en structures. La violence structurelle s’appelle communément pouvoir. Admise, démocratisée, légitimée, elle est contenue. Le basculement du monde depuis les années 1970 a ouvert sur un système chaotique qui va se dégradant. Les violences des marchés ont nourri des marchés de violence. La finance mondialisée, dernier stade du néo-capitalisme de marché, en démantelant les Etats, remet en questions les équilibres internes aux capitalismes nationaux autant que les relations entre Etats. Ces processus sont mis en oeuvre par des élites dissociées progressivement de leurs peuples d’origine au point de devenir des éligarchies. Les anciennes factions politiques perdent leur sens et brouillent les repères. Le désarroi accompagne la violence. Emerge un système national / mondial hiérarchisé (SNMH) dont les forces militaires et marchandes, livrées à elles-mêmes, tout au plus accompagnées par des instances politiques gestionnaires de moins en moins démocratiques, débouchent sur des conflits internes associés à des antagonismes externes. Ces forces sont organisées en empires constitués de territoires politico-militaires et de réseaux commerciaux-informationnels-financiers. Face aux empires territoriaux et réticulaires, il s’agit de restaurer la raison politique, l’Etat, les citoyens dont il émane réellement, les Peuples-Nations, les coopérations régionales solidaires, les échanges équilibrés, l’architecture de sécurité, dans un monde appelé à devenir effectivement multipolaire.

 

LE REGIME AFRICAIN ANTITERRORISTE

Dr. Bruno MVE EBANG

Le terrorisme est la menace à la sécurité internationale par excellence. Les attentats en France, la guerre civile syrienne, l’Etat Islamique sont des faits qui démontrent que depuis les attentats du 11 Septembre, le rythme des actions terroristes s’accélère constamment. L’Afrique n’est pas en reste dans cette insécurité généralisée et toutes les politiques de sécurité et de défense semblent inefficaces au regard de la capacité de regénérescence des mouvements terroristes. Via la théorie des régimes internationaux, l’analyse théorique, stratégique et juridique de l’ordonnancement répressif antiterroriste universel et africain nous permet de mettre en lumière une nouvelle grille de lecture facilitant la compréhension et l’orientation de l’émergence de la lutte contre ce phénomène en Afrique. L’antiterrorisme africain est en marche et ne pourra être pérenne qu’avec une mise en oeuvre militaire efficace. La coopération et la répression juridique de ce régime ne peuvent être justifiables que si l’Afrique acquiert une indépendance militaire.
 

LES ENJEUX DE L’ENGAGEMENT DES ETATS-UNIS EN AFRIQUE

M. Tewfik HAMEL

L'article donne un aperçu historique de l'engagement américain en Afrique en examinant les différentes dimensions qui ont fait que l'Afrique est venue progressivement à occuper une place stratégique dans la vision mondiale des Etats-Unis.

 

LES PUISSANCES MOYENNES DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES : éTUDE DU CAS DE LA NORVÈGE

M. Zakari TERBAOUI

On peut considérer certains Etats-Nations influents sur le système international, qui contribuent à la coopération et à l’intérêt commun de l’Humanité, comme des puissances moyennes. Ces Etats occupent un rang intermédiaire dans le monde du point de vue de la puissance et de l’influence.

Les Etats considérés comme puissances moyennes ont la capacité et la volonté d’influer sur la scène internationale et l’agenda international dans tous les domaines. Ils ont certaines caractéristiques : l’absence d’hégémonie, l’absence de passé colonial, la contribution efficace à l’édification d’un Ordre organisé, fondé sur le droit et le travail en commun.

Les puissances moyennes sont des Etats qui privilégient l’intérêt commun à l’intérêt privé. Ce sont des Etats qui ont des moyens matériels et immatériels qu’ils utilisent en dehors des frontières Ce sont des Etats non hégémoniques qui n’occupent pas de rang supérieur dans le monde. Ce sont des Etats qui concentrent leurs efforts sur quelques sujets et thématiques.

 

LA CONFERENCE DE PARIS SUR LE CLIMAT : ENJEUX ET OPPORTUNITES

Dr. Ahmed DjOGHLAF

La société internationale est maintenant persuadée que les changements climatiques constituent une menace sur la paix et la sécurité internationale, que la raréfaction de l’eau sera une source majeure de conflits et de tensions entre les nations, et que le dérèglement climatique n’épargne aucun pays et aucun secteur de l’activité humaine. Afin de débattre de ces points d’une extrême importance pour l’humanité, la société internationales s’est mobilisée dans le cadre de la vingt et unième Conférence des Parties Contractantes de la Convention-cadre des Nations unies sur le réchauffement climatique qui s’est tenue à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015. Cette rencontre a été le rassemblement diplomatique le plus important de l’histoire de l’humanité à plus d’un titre :

1. Le niveau de préparation, de représentation et de participation ;
2. Les enjeux et les objectifs ;
3. Les résultats et les impacts.

L’Algérie, en sa qualité de co-président du Comité préparatoire de l’accord de Paris a apporté une contribution décisive pour le succès de la conférence de Paris. Sa contribution s’articule autour du programme de développement des énergies nouvelles et renouvelables adopté par le Conseil des ministres le 24 mai 2015. Cette ambition algérienne en matière d’énergies propres n’est pas seulement un choix écologique rationnel, mais aussi une ambition industrielle prometteuse.